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par François Vermel
Si l’on vous dit « Le corbeau et le renard », aussitôt
dans votre tête viennent les vers de La Fontaine « Maître
corbeau, sur un arbre perché… » et, peut-être, une
illustration, un peu vague vue dans un livre.
Si l’on vous
demande « Qu’avez-vous mangé ce matin ? »,
aussitôt viennent les images du petit-déjeuné, l’odeur du pain
grillé, la saveur du café (bon, si vous prenez autre chose, vous
pouvez changer…)
Dans le premier cas vous avez des mots, du texte, dans le deuxième vous avez des images, des sensations, voire des émotions…
C’est là tout l’enjeu du conteur : s’appuyer sur des images, des sensations et des émotions et non pas sur du texte.
Tous les formateurs à l’art du conte vous diront que l’important est d’avoir des images, et tous les conteurs (ou presque) vous diront qu’ils ont des images. Cependant d’où viennent ces images, est-ce qu’elles viennent du texte que dit le conteur, c’est-à-dire que « connaître l’histoire » c’est connaître le texte ? Ou est-ce que les images sont là, dans la mémoire du conteur et c’est en « regardant » les images que vont naître les mots ? Alors qu’importe le texte, ce sont les images, les sensations, les émotions que le conteur retient de l’histoire.
C’est cette seconde posture qui fait la force du conteur : être un « conteur sans les mots ».
C’est la toute la différence entre littérature et orature, la première s’occupe du texte, la deuxième s’occupe du vécu.

